Avez-vous remarqué comme les différences d'âges ont l'air de se gommer avec le temps?
Quelques mois entre de jeunes enfants paraissent des années et plus tard on oublie les années qui nous séparent de certaines personnes que nous côtoyons.
Souvenez-vous quand adolescent(e) vous étiez le centre du monde pour de plus jeunes que vous qui vous admiraient. Vous ne les avez d'ailleurs sans doute pas vu(e)s.... Remontez alors un peu plus loin, quand c'était vous qui admiriez ce garçon ou cette fille un peu plus âgé(e), que vous imaginiez comme un frère ou une sœur potentiel(le), ou que vous regardiez tel(le) un(e) amoureux(se) transi(e), espérant qu'il ou elle pose le regard sur vous et vous remarque enfin. Mais vous saviez au fond de vous que cela n'arriverait pas car c'était "un(e) grand(e)".... Il ou elle avait trois ans de plus que vous....
Ces trois ans de différence sont ceux que j'ai avec mon petit frère. Pas grand-chose en somme, mais pendant des années je ne voyais pas les gens de son âge ou plus jeunes autrement que comme de petits frères ou de petites sœurs potentiel(le)s. Quant à ceux de la génération suivante, je ne savais même pas qu'ils existaient. Ils et elles n'étaient que des êtres négligeables. Les appréhender comme des ami(e)s paraissait invraisemblable car nous n'avions pas la même maturité, pas les mêmes centres d'intérêts, du moins le pensais-je, persuadée de ma supériorité propre aux gens de mon âge. Quant à les imaginer comme d'hypothétiques amoureux.....même quand on dépasse l'âge fatidique du détournement de mineur, cela nous semblait inconcevable.
Et puis on grandit. Tous. La différence d'âge ne nous apparaît plus comme une donnée essentielle dans les relations que nous avons avec les individus. Certains de mes amis ont 15 ans de plus que moi, d'autres 15 ans de moins. La seule chose étrange est que maintenant je peux dire de certains qu'ils pourraient être ma fille ou mon fils (et là ça fiche quand même un coup de vieux!). Il m'arrive régulièrement de faire connaissance avec des gens que j'ai forcément croisés quand j'étais plus jeune, mais à cet âge où on ne voit que ceux du nôtre, et de nos rencontres présentes découlent souvent des amitiés. Comme quoi, il y a un âge pour tout.
En ce qui concerne les relations amoureuses, les mentalités évoluent. Un "vieux" avec une "jeunette", ça n'a jamais vraiment dérangés les gens. Ou en tous cas, ils y trouvaient une explication plausible. Je vous en ferai grâce car en général elles sont très dévalorisante pour les femmes. Cela dit, on entend les mêmes à l'égard de certains jeunes hommes s'affichant avec des "cougars". Mais, il faut tout de même reconnaître que se sont bien souvent ces femmes qui sont montrées du doigt contrairement à leurs pendants masculins. Faute à l'image servie des années durant par notre société patriarcale. Mais là n'est pas le sujet, revenons plutôt à nos agneaux, comme disait le poète.
Beaucoup de mes amies et connaissances sont en couple avec des hommes plus jeunes qu'elles de plusieurs années. Ils se sont rencontrés à un âge où l'équilibre était rétabli et où cet écart n'avait plus d'importance. Pour autant, à chaque début de ces relations, on entend les uns et les autres emmètre des réserves quant à la suite de cette liaison comme si cette différence insignifiante quand on parle d'amitié devenait essentielle en amour. Pourtant, je vous le dis, l'écart qu'on veut y voir ne sont que des chiffres.
Lorsqu'on est jeune, l'âge nous paraît important car c'est ce qui nous permet de nous situer par rapport aux autres. En vieillissant, nos affinités, nos milieux sociaux et centres d'intérêts priment et jouent ce rôle.
J'évolue dans des milieux où tous les âges et tous les genres se côtoient et cette diversité ouvre mon quotidien sur de multiples possibilités d'échanges agréables, voire passionnants.
On apprend à tout âge. On apprend de tous âges. Et si on me l'avait dit quand j'était petite, je ne l'aurais pas cru.