samedi 30 mars 2013

des différences d'âge et de l'évolution des relations

Avez-vous remarqué comme les différences d'âges ont l'air de se gommer avec le temps?
Quelques mois entre de jeunes enfants paraissent des années et plus tard on oublie les années qui nous séparent de certaines personnes que nous côtoyons. 
Souvenez-vous quand adolescent(e) vous étiez  le centre du monde pour de plus jeunes que vous qui vous admiraient. Vous ne les avez d'ailleurs sans doute pas vu(e)s.... Remontez alors un peu plus loin, quand c'était vous qui admiriez ce garçon ou cette fille un peu plus âgé(e), que vous imaginiez comme un frère ou une sœur potentiel(le), ou que vous regardiez tel(le) un(e) amoureux(se) transi(e), espérant qu'il ou elle pose le regard sur vous et vous remarque enfin. Mais vous saviez au fond de vous que cela n'arriverait pas car c'était "un(e) grand(e)".... Il ou elle avait trois ans de plus que vous.... 
Ces trois ans de différence sont ceux que j'ai avec mon petit frère. Pas grand-chose en somme, mais pendant des années je ne voyais pas les gens de son âge ou plus jeunes autrement que comme de petits frères ou de petites sœurs potentiel(le)s. Quant à ceux de la génération suivante, je ne savais même pas qu'ils existaient. Ils et elles n'étaient que des êtres négligeables. Les appréhender comme des ami(e)s paraissait invraisemblable car nous n'avions pas la même maturité, pas les mêmes centres d'intérêts, du moins le pensais-je, persuadée de ma supériorité propre aux gens de mon âge. Quant à les imaginer comme d'hypothétiques amoureux.....même quand on dépasse l'âge fatidique  du détournement de mineur, cela nous semblait inconcevable. 
Et puis on grandit. Tous. La différence d'âge ne nous apparaît plus comme une donnée essentielle dans les relations que nous avons avec les individus. Certains de mes amis ont 15 ans de plus que moi, d'autres 15 ans de moins. La seule chose étrange est que maintenant je peux dire de certains qu'ils pourraient être ma fille ou mon fils (et là ça fiche quand même un coup de vieux!). Il m'arrive régulièrement de faire connaissance avec des gens que j'ai forcément croisés quand j'étais plus jeune, mais à cet âge où on ne voit que ceux du nôtre, et de nos rencontres présentes découlent souvent des amitiés. Comme quoi, il y a un âge pour tout.
En ce qui concerne les relations amoureuses, les mentalités évoluent. Un "vieux" avec une "jeunette", ça n'a jamais vraiment dérangés les gens. Ou en tous cas, ils y trouvaient une explication plausible. Je vous en ferai grâce car en général elles sont très dévalorisante pour les femmes. Cela dit, on entend les mêmes à l'égard de certains jeunes hommes s'affichant avec des "cougars". Mais, il faut tout de même reconnaître que se sont bien souvent ces femmes qui sont montrées du doigt contrairement à leurs pendants masculins. Faute à l'image servie des années durant par notre société patriarcale. Mais là n'est pas le sujet, revenons plutôt à nos agneaux, comme disait le poète.
Beaucoup de mes amies et connaissances sont en couple avec des hommes plus jeunes qu'elles de plusieurs années. Ils se sont rencontrés à un âge où l'équilibre était rétabli et où cet écart n'avait plus d'importance. Pour autant, à chaque début de ces relations, on entend les uns et les autres emmètre des réserves quant à la suite de cette liaison comme si cette différence insignifiante quand on parle d'amitié devenait essentielle en amour. Pourtant, je vous le dis, l'écart qu'on veut y voir ne sont que des chiffres. 
Lorsqu'on est jeune, l'âge nous paraît important car c'est ce qui nous permet de nous situer par rapport aux autres. En vieillissant, nos affinités, nos milieux sociaux et centres d'intérêts priment et jouent ce rôle. 
J'évolue dans des milieux où tous les âges et tous les genres se côtoient et cette diversité ouvre mon quotidien sur de multiples possibilités d'échanges agréables, voire passionnants. 
On apprend à tout âge. On apprend de tous âges. Et si on me l'avait dit quand j'était petite, je ne l'aurais pas cru.

vendredi 15 mars 2013

Il y a des jours comme ça....

Pas forcément mauvais, mais pour autant les choses ne se passent pas vraiment comme on aurait voulu...

Un petit changement de planning du service dans lequel vous vous trouvez qui modifie le vôtre. 
Quand vous trouvez un peu de temps pour un travail d'écriture, vos collègues que vous pensiez occupés ailleurs sont finalement sont dans vos pattes et ont des conversations qui sont suffisamment inintéressantes pour faire perdre le fil.
Un message qui n'arrivera jamais.
Une fois rentrée, vous imaginez à quoi vous aller pouvoir passer les quelques heures suivantes avec votre cher et tendre, mais c'est sans compter sur le type qui vient faire la vérification de chaudière (à oui, c'est vrai! c'est aujourd'hui qu'il devait passer), ni sur la famille en transit (finalement, non, mais le temps en a profité pour filer)

Et voilà, la journée se passe et l'heure n'est plus à l'improvisation. Pour autant, pas question de s'attendre à n'avoir aucune petite contrariété.... M'enfin! Tant qu'on garde le moral!


A toi, lecteur qui t'ai déjà retrouvé dans ce rôle d'empêcheur de tourner en rond, ne t'en veux pas, tu n'y es pour rien si tu perturbes la vie que l'on se fait sans sa tête, tu ne savais même pas que tu allais la troubler. Moi-même je ne t'en veux pas.... Je n'ais qu'à pas oublier certains rendez-vous, ni me projeter tête baissée dans l'avenir de quelques heures. Je me dois aussi d'être honnête et admettre que certains de ces évènements en amènent souvent d'autres tout aussi sympathiques. 

fin: Pour autant, je pensais que les choses se passeraient autrement....


fin alternative: Et dire que c'est tous les jours comme ça!

lundi 11 mars 2013

Du Féminisme



Quand on lit certains avis sur le féminisme (que ce soit de la part d'hommes comme de femmes), il y a de quoi avoir peur:

GG, lycéenne, 19 ans: «Je ne suis pas féministe, parce que je pense qu’il n’y a plus vraiment de raisons de l’être. Ce qui devait être obtenu le droit de vote, l’évolution de l’image de la femme au foyer…, l’a déjà été. Par rapport à d’autres pays, on est vraiment très bien lotis.»

A et D G, professeurs, 45 ans: «On a moins besoin de revendiquer, parce qu’en France, beaucoup de choses sont déjà acquises.»

Une notaire de 42 ans: «Pour moi, le féminisme a une connotation négative, parce que les militantes sont trop extrêmes. Celles qui rejettent les hommes et disent vouloir assumer seule leur famille me dérangent.»

KP, 18 ans, étudiant en génie mécanique: «Les activistes de Femen, je les trouve limite. Si leur seule façon de s’exprimer, c’est de se mettre seins nus… Ça ternit l’image des féministes, elles perdent en crédibilité.»

PG, 52 ans, communicant: «Avec les problèmes de chômage et de pauvreté, le féminisme n’apparaît plus comme une priorité.»

Source : Ouest-France du 08/03/13


Il est vrai que quelques mouvements féministes ne donnent pas la meilleure image qui soit mais tous les groupes féministes ne sont pas FEMEN (pour ne citer que ce qui gêne vraiment l'opinion) et le féminisme d'aujourd'hui n'est plus celui de 68. Les mouvements ont évolué et les combats ont changé avec l'obtention de certaines égalités et de certains droits. Cependant, le féminisme a encore lieu d'être, n'en déplaise à certains, que ce soit chez nous, en Europe, en occident ou ailleurs dans le monde. Et on ne peut pas, on ne doit pas, se contenter de se battre pour soit même et son petit monde. L'évolution de notre société doit aussi passer par celle des autres.


Mais, définissons tout d'abord le féminisme:

Le féminisme est une ensemble d'idées politiques, philosophiques et sociales cherchant à définir, promouvoir et établir les droits des femmes dans la société civile et dans la sphère privée. Il s'incarne dans des organisations dont les objectifs sont d'abolir les inégalités sociales, politiques, juridiques, économiques et culturelles dont les femmes sont victimes. (wikipédia) 

Le féminisme n'est plus ni moins qu'un mouvement anti-sexiste. Chacun et chacune aura sa façon de se définir en tant que féministe, se sentira plus ou moins proche de tel ou tel courant de pensée, de telle ou telle organisation mais le but final restera le même: une certaine équité de la place de la femme dans la société face à celle de l'homme. Et les hommes n'en sont pas exclus, bien au contraire. L'évolution voulue par le féminisme ne peut se faire qu'avec eux et non contre eux.
Quand on dit «féminisme», beaucoup (hommes ou femmes) pensent lobby et haine des hommes. Cela c'est du féminisme radical, présent il est vrai mais non majoritaire, comme tout mouvement extrémiste. Malheureusement, c'est celui que l'on remarque le plus et qui stigmatise la cause féministe dans son ensemble. Je vous demanderai donc de ne pas en faire cas et de penser le féminisme autrement.
Les féministes ne sont rien d'autres que des hommes et des femmes qui tentent de faire évoluer la société vers plus d'égalité pour le bien de tous et pas seulement de la gente féminine.


Les sujets défendus par le féminisme sont divers et variés (tout comme la façon dont ces combats sont menés mais là n'est pas mon sujet), pour autant je ne pense pas que certains soient plus importants que d'autres au point de les négliger, voire de les nier. Minimiser ce qui peut passer pour de la broutille revient à dévaloriser la lutte pour la condition féminine.

Prenons l'exemple de «l'affaire du Mademoiselle», petit détail qui a son importance. Du fait d'une mauvaise communication autour de la question, l'opinion publique n'a pas compris le fond du problème. Celui-ci était uniquement administratif. En effet, faire la distinction entre «mademoiselle» et «madame» sur les formulaires mettait en avant la situation matrimoniale des femmes, différentiation non faite pour les hommes, précision inutile et sexiste d'autant qu'à l'origine elle servait à savoir si la femme dépendait de l'autorité de son père («mademoiselle») ou de son époux («madame»). Je pense que je n'ai pas besoin d'aller plus loin dans ma démonstration, l'important à retenir étant que l'état français et son administration ont enfin reconnu le changement de situation de la femme dans la société.
Cependant, la formule de politesse, voire de séduction, orale n'avait rien à voir dans le débat mais malheureusement beaucoup de gens n'ont rien compris et ont tout confondu, faisant passer le débat comme inutile pour la cause et puéril. Et entendre encore maintenant: «Mademoiselle, ah non, pardon ça ne se dit plus, Madame, [...]», de la part d'hommes se trouvant souvent malins pour un tel trait d'esprit, m'agace énormément et montre à quel point le féminisme a encore beaucoup à faire pour changer les choses et faire évoluer les mentalités, même quand il s'agit de petits détails.


Penser que le féminisme n'a plus lieu d'être c'est ignorer le machisme-ordinaire qui nous entoure. Cela vous paraît normal, à vous, de se faire aborder dans la rue par des pseudo compliments et de se faire traiter de salope parce qu'on ne répond pas? D'entendre qu'une femme a réussi parce qu'elle est jolie? Que oui, elles ont des compétences, mais dans «leur» domaine, celui qui tourne autour de la maternité et du foyer? Et je ne parle pas des différences de rémunération ni du fait que les postes à mi-temps sont tenus en majorité par des femmes. Laquelle d'entre nous n'a pas été un jour confrontée au «soupçon d'incompétence», que ce soit dans sa vie professionnelle, associative ou même personnelle? Laquelle n'a pas eu un jour un doute sur sa légitimité? Et parmi les hommes, nombreux sont ceux qui, même de façon inconsciente, renvoient ces questions.
Le machisme-ordinaire, nous y sommes tous et toutes confrontés tous les jours et la première chose que l'on peut faire pour s'en débarrasser, c'est commencer par le remarquer et, comme l'aurait dit Stéphane Hessel, s'en indigner. Car non, il n'y a pas de «gène du ménage» et une femme camionneur n'est pas forcément homosexuelle. Une femme qui se promène en jupe, même très courte, ne le fait pas pour aguicher ces messieurs, ne leur en déplaise. Une femme portant décolleté a aussi la capacité de réfléchir et prendre les décisions adéquates.


Alors oui, le féminisme a encore et toujours sa raison d'être et chacun y a sa place à prendre. Et d'ailleurs, êtes-vous bien sûr de ne pas déjà être un peu féministes?...